Quand la magie de Noël n’est pas au rendez-vous
ou l’envers du décor du Xmas Market ETHIPOP

Vous le savez maintenant, APRIL PLEASE est notre bébé avec Emilie. Se lancer dans un tel projet nous a demandé beaucoup de temps, d’argent et surtout énormément de courage. Comment est-ce que 2 nanas comme nous (timides – zéro confiance – complexe de l’imposteur en prime) allons pouvoir surmonter nos peurs et faiblesses et nous lancer dans l’inconnu ? Alors quand le marché de créateurs ETHIPOP tourne au vinaigre, nous voyons rouge. Comment ce type de collectif qui se veut éthique, professionnel et dont le souhait est d’accompagner les petites marques à devenir grandes peut-il à ce point se servir de la crédulité des créateurs et fournir un service si médiocre sans jamais se remettre en question ? Tours d’horizon d’une déception et d’un sentiment d’injustice.

Des débuts à l’aveugle

Nous avons finalement osé et avec nos petites économies et notre petit réseaux nous avons tenté le grand saut : lancer une marque de bijoux qui nous ressemble en partant de rien. Et du stade de projet cela a pris vie chaque jour un peu plus. Au début c’était à force d’en parler entre nous 2, puis d’imaginer nos bijoux et les poser sur papier. Ensuite de déposer le nom de notre marque, de créer notre statut,  notre page Facebook et notre compte Instagram. Tout commençait a prendre vie, c’était excitant mais encore dans l’ombre. Vient ensuite la rencontre avec des fabricants, la réception des 1ères pièces… et découvrir nos cartes de visites, nos packagings. Lancer notre e-shop fait de mes petites mains et mis en valeur grâce aux  photos de notre 1er shooting réalisé par Marie-Paola et la complicité de deux amies mannequins. Être sur un nuage et une fois de plus surexcitées de tout mettre en ligne à la vu de tout le monde ! Mener de front toutes les facettes de ce projet et apprendre tous les jours. Je vous rappelle que je suis graphiste et Emilie rédactrice. Des casquettes utiles certes mais tellement pas suffisantes. Nous devons être à l’affut de tout, tout le temps et sur tout ! Nous travaillons toutes les 2 à côté en plus de ce projet qui nous tient à coeur et dans lequel nous souhaitons nous perdre corps et âme… Mais pour le moment il faut  réussir à concilier les 2, même si le temps nous manque.

Une commande, une victoire !

Aujourd’hui  nous ne gagnons pas du tout d’argent. Chaque euro gagné est une victoire et nous réchauffe le coeur mais pour le moment cet argent sert à payer nos charges, les frais qu’engendre le site, la matière première, les fabricants, parfois des influenceurs ou de la publicité sur Facebook. Nous avons même fait une grosse opération promo pour le Black Friday, quitte à être à peine rentable. Notre but pour le moment est de développer notre notoriété mais de toujours avoir le compte en banque alimenté un minimum car la moindre dépense est minutieusement étudiée. Lancer sa propre marque en fond propre et un gros pari mais nous mettons tout en oeuvre pour y arriver.

Les marchés de créateurs

Quoi de mieux pour se confronter à l’avis de clientèle que les marchés de créateurs ? Car même si nos amis et famille trouvent tout magnifique (en tout objectivité d’après eux) et que les commandes vont bon train, avoir un retour en direct ou surprendre dans une conversation des compliments mais aussi des doutes, des interrogations, cela nous fait avancer.
On ne comprends pas forcement GABIN ou LÉONARD (aujourd’hui’ en rupture de stock) mais dès que nous expliquons ou montrons comment les bijoux se portent l’étonnement est au rendez-vous et bien souvent le passage à l’achat aussi. Notre 1ère vente physique via Bande de Créateurs en juin dernier nous avait permis de comprendre tout cela. Alors quand ETHIPOP, collectif qui prône l’éthique et le soutient aux petits créateurs, nous démarche pour faire parti de leur Xmas Market nous y voyons une fois de plus une occasion rêvée de nous frotter à un public. Et puis juste avant Noël ! Idéal pour des cadeaux de dernière minutes !

La déception au rendez-vous

Ce Xmas Market était le week-end du 9 et 10 décembre 2017, nous étions une fois de plus trop contentes de participer à un tel événement. Nous avons vite déchanté. En arrivant je me rends compte que la place demandée dans la chapelle du Café A ne nous avait pas été réservée… En même temps après 2 mails laissés sans réponse, il fallait s’y attendre. Nous avons donc notre mini stand derrière le restaurant, près d’une fenêtre mal isolée. La table me semble très petite comparée à nos voisins mais nous nous convainquons que pour des bijoux cela fera l’affaire !

 

Il fait de plus en plus froid… nous passons la journée en doudoune et écharpe, et j’en viens à demander de changer de place pour le lendemain : vendre dans de telles conditions est ridicule et n’attire pas du tout les clients. L’organisatrice nous écoute à peine et se cache derrière des « je vais voir ce que je peux faire » qui restent vide et nous irritent. Dans la chapelle les stands sont très espacés et un espace immense est vide dès l’entrée. J’ai beau lui faire remarquer, lui dire qu’il serait très facile de nous glisser entre 2 créateurs, elle fait la sourde oreille. Au fil de la journée le soleil déjà peu présent disparait pour nous laisser quasi dans le noir. Il fait sombre, nous voyons à peine nos bijoux, notre voisine râle et un spot jaune vient à la rescousse. SUPER. C’est vrai que le jaune met en valeur… Nous passons donc le reste de la journée à éclairer à l’iPhone le stand dès que les clients arrivent. La déception et l’énervement commence à monter surtout que dans la chapelle l’éclairage est présent, il y a de la musique, il y a du chauffage et la foule est automatiquement attirée dans cette pièce.

Le dimanche rien n’a changé. Mais j’ai rapporté une lampe et une rallonge pour nous éclairer. On nous dit que des efforts de signalétique ont aussi été fait. La graphiste qui est en moi ris jaune en voyant ce papier A4  « Marché de Créateurs » accompagné d’une flèche, le tout en noir et blanc. Nous nous sentons complètement lésés ! Nous avons tous payé le même prix pour un service qui diffère d’une pièce à l’autre et qui en plus n’est pas satisfaisant. En tant que jeune marque, chaque dépense est importante et nous avons l’impression d’avoir jeter 500€ par les fenêtres.  Alors imaginez notre tête lorsque nous nous sommes rendu compte qu’un des créateurs de la chapelle n’était pas revenu le dimanche… Une place était libre et pas un mot !

Des tords non reconnus et une mauvaise foi en béton

Le lendemain nous prenons la décision de lister les points du noirs du marché et faire comprendre à ETHIPOP que l’organisation laissait à désirer et qu’ils n’étaient pas fairplay avec nous. Que nous leur avons fait aveuglement confiance et payer pour un service précis mais qu’ils n’avaient pas rempli leur part du marché. En conclusion nous osons même demander un remboursement partiel de notre investissement. Aucun tord n’est bien sûr reconnu et aucun geste fait.
Vendre dans le froid, derrière l’espace restaurant du Café A, sans lumière, à l’opposé le l’espace principal qui était lui, décoré, grand, lumineux et spacieux… pourquoi ne pas avoir proposé 2 tarifs si un tel fossé séparait les 2 lieux ? Pourquoi avoir aussi omis le fait que le photographe / vidéaste ne serait pas là (le prix comprenait aussi cette prestation non ?), pourquoi aussi ne pas avoir précisé que le ticket « boisson » distribué dans la journée était accompagné d’un ticket « repas » et que non ce n’était pas la carte de visite du restaurant… à 2 reprises nous avons donc payé notre déjeuner car l’information avait été tue. Pourquoi tant de malhonnêteté quand on sait que les petits créateurs peinent à sortir du lot ?

Comment un organisme qui se veut éthique, qui dit accompagner les petites marques, qui propose des workshop sur « comment créer une marque éco-responsable », qui se permet de faire du coaching peut réagir de la sorte et plumer ces mêmes créateurs ? Je ne comprends pas et aujourd’hui nous sommes sans voix avec Émilie et je pense que nos questions resteront sans réponse.

Une leçon de plus

Cela faisait des mois que cet article était écrit et dormait dans mes brouillons mais je tenais à le publier pour tourner la page et surtout partager mon expérience. Car qu’elle soit bonne ou mauvaise, nous devons en tirer le meilleur pour nous améliorer, être plus vigilantes et pointues pour les prochaines fois. On ne nous aura pas 2 fois ! Promis.

1 Comment

  • Posted 03/05/2018 14 h 06 min
    by Florie

    Malheureusement c’est souvent le cas… étant créatrice de peluche et doudou J’ai souvent eux ce problème et sur des marchés à tarifs complétement différents… certain les organisés juste pour remplir les caisses de leur asso. … un marché où tout le monde était à 0 de chiffre d’affaire ne nous à même pas payé un café qui était tout petit, pas bon et cher…il ne faut pas se décourager certains sont excellents ( marchés pas le café )

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