Et toi tu fais quoi dans la vie ?

Parce que j’avais envie de vous en dire un peu plus sur moi, voici un article sur ma vie (professionnelle) en dehors du blog. Car à côté de cette vie digitale j’ai une vie IRL. Avec un métier, des collègues, un restaurant d’entreprise et des trajets en métro. Remontons quelques années plus tôt.

Grazia

On est en 2011 et je commence mon stage de fin d’études chez Grazia. Direction le service artistique du magazine ! Je quitte alors Lyon après avoir y avoir vécu 1 an et demi et fais mon Master Création Publicitaire. Ici je me crois dans « Le diable s’habille en Prada ». J’ai l’impression d’entrer dans la cours des grands, de passer de l’autre côté de l’écran. J’ai des paillettes pleins les yeux, des papillons dans le ventre et une trouille d’enfer. Pendant très longtemps je n’ai eu aucune idée de ce que je voulais faire plus tard. Pour avancer j’ai choisi mes études par affinités, sans vraiment y voir un métier bien défini au bout. Puis, avec le temps, j’ai su ce que je voulais enfin faire : travailler dans la presse féminine. Et pouvoir « toucher » ce que j’allais créer.
J’apprends tout chez Grazia. Il faut dire que je suis entourée de pointure : le Directeur de Création du groupe, qui me prendra plus tard sous son aile et un Directeur Artistique hyperactif, maintenant au LUI. Ici il faut travailler vite et bien. Et sortir un magazine par semaine.

Cosmo, Elle et les autres

6 mois plus tard, stage achevé et diplôme en poche, j’enchaîne directement et découvre la presse people avec Closer. Pour 2 semaines seulement avant de retourner chez Grazia. En cumulant tous mes CDD, j’y passe presque 2 ans !
Je sais désormais travailler très vite et plus que bien. Je sais imaginer une maquette en 20 secondes et tout de suite me rendre compte qui si je n’y arrive pas c’est que le sujet est mal pensé depuis le début. C’est comme tout, si la recette n’est pas clair, le plat sera raté. Mais j’apprends encore et je m’applique à respecter les consignes et la charte propre aux magazines dans lesquels je travaille. Top Santé et son côté très carré et un poil médical, Cosmo, plus girly avec ses grosses typo rondes et rose, Stylist, totalement décalé, Votre beauté et ses lignes épurées, Elle, plus sage…
Ah oui au fait, je suis rédactrice graphique (ou maquettiste). Et pour encore plus simplifier la chose généralement je dis graphiste. Cela m’évite de m’étaler sur le sujet car je n’aime pas spécialement parler de moi. Graphiste tout le monde comprends et cela ne suscite pas de questions. Je me souviens avoir déjà répondu « maquettiste » à la question « tu fais quoi dans la vie ? » et entendre ensuite « tu fais des avions? ». Voilà. Mais ici, je vais vous expliquer plus clairement en quoi consiste mon métier.
En quelques mots, je mets en page les magazines que tout le monde lit ou feuillette. Je travaille donc dans le fabuleux monde de l’édition et mon meilleur ami est Indesign. Mon rôle consiste à rendre joli un texte tapé sous word accompagné de JPEG. Voici comment cela se passe : une fois le sujet du journaliste validé, écrit, corrigé je rentre en jeu. Je reçois le texte d’un côté et les photos de l’autre, un brief aussi histoire de réaliser le sujet comme l’imaginait le journaliste puis je lis son oeuvre pour m’en imprégner et réaliser une maquette qui va coller au texte.
Pendant plusieurs années j’ai été stressée de ne pas savoir où je serais le lendemain car dans ce milieu on peut t’appeler la veille voir même le matin-même. Prévoir un week-end, des vacances ? Je n’ose même pas de peur de passer à côté d’un contrat et du coup de voir le chèque s’envoler au loin.

Être Freelance et aimer ça

Puis un jour je fais une rencontre qui changea ma vie. Comme vous le savez je blogue entre 2 contrats. Pour m’occuper, pour passer le temps, pour avoir quelque chose dans ma vie que je peux contrôler et gérer comme bon me semble.
Ce soir-là c’est donc soirée blog comme on dit entre nous et nous filons à la présentation de la nouvelle collection Kiabi. Une énorme villa en plein Paris, des cocktails, des petits fours et une voyante. J’ai un peu peur pourtant j’y crois à peine mais hop je fais la queue. Une consultation de 20 minutes gratuite et la foule qui passe dans ton dos pendant que tu entends beaucoup trop de vérités sur toi. Et que les larmes ruissellent sur tes joues.

 » Vous avez des contrats tout le temps ? Vous arrivez à payer vos factures et votre loyer ? À sortir avec vos amis ? Alors où est le problème ? Ce n’est pas parce que la société vous dit qu’il faut un CDI pour être heureux que c’est vrai pour tout le monde. »

Petite claque. C’est vrai ça. Les contrats tombent sans trop d’effort, les périodes de chômage sont courtes et j’aime bien changer sans cesse de rédactions. À partir de ce jour j’ai arrêté de stresser entre 2 contrats et j’ai savouré mes périodes de creux : je m’occupais de moi, de mon appart… de toutes ces petites choses qu’on a jamais le temps de faire lorsque l’on travaille 7 jours /7.
Et j’ai commencé à voyager. À ne plus avoir peur de passer à côté de quelque chose, de louper un contrat, bref de penser à moi. Bien sûr je partais hors saison et surtout pas les 2 mois d’été, période assurée pour avoir du travail car il fallait remplacer tous ceux qui justement partaient. J’ai adoré ces années où je pouvais jongler entre CDD, week-end prolongés en Europe et voyages au bout du monde. Ce petit goût de liberté me plaisait énormément !

7 ans

Et finalement, 7 ans ont passé avant qu’un CDI ne pointe le bout de son nez. Tout seul. Sans vraiment m’y attendre. Il est vrai que je m’étais habituée à ma condition mais au fond de moi je n’oubliais pas tout ce que cela impliquait :
7 ans a être toujours au même poste de maquettiste/ remplaçante c’est avoir une étiquette sur son front. C’est savoir que niveau évolution c’est très limité. Gravir les échelons sans être en CDI surtout dans ce milieu n’est pas une chose facile. C’est être forte chaque jour en société lorsque l’on te demande ce que tu fais dans la vie, c’est se justifier face à des « pourquoi ils ne t’embauchent pas ? », c’est préciser que « Je travaille chez Votre Beauté depuis 1 mois » ne veut pas dire que je viens de rentrer dans la vie active, ou que « je finis dans 1 semaine » ne veut pas dire que je n’ai pas fait l’affaire et que je vais me retrouver au chômage pour autant (non car j’ai 2 autres contrats à la suite en fait), c’est soutenir le regard quand tu dis « je suis en CDD » alors qu’en face de toi tout le monde est en CDI et semblent avoir pitié pour toi.

Et maintenant la suite ?

Aujourd’hui cela fait un an et demi que je suis en CDI chez Vanity Fair et 2 ans que APRIL PLEASE a vu le jour. Le premier n’était pas prévu. Le deuxième, le fruit de mon amitié avec Émilie. Je rêve d’avoir plus de temps pour développer notre marque de bijoux comme il faut, comme il se doit. Être maintenant en CDI c’est ne plus avoir autant de temps libre et c’est très difficile pour moi d’être sur tous les fronts et d’un autre côté je ne sais pas faire une seule chose. J’ai la bougeotte et je veux toujours en faire plus !
Je suis très contente de mon parcours, riche de toutes ces rencontres qui m’ont formé et beaucoup appris. Voguer d’équipe en équipe, de magazine en magazine, d’un projet à un autre, permet de se découvrir et d’apprendre petit à petit à se connaître. Je n’ai pas envie que cette effervescence s’arrête et je veux continuer de m’occuper de mon blog, de mon compte Instagram, de ma marque de bijoux, à soutenir mon chéri dans tous ses projets… Et même si parfois je lève le pied sur ma vie online pour justement de pas perdre pied dans la vie réelle, je suis toujours là, prête à revenir !
Et vous, vous faites quoi dans la vie ? Qu’est-ce qui vous anime tous les jours ?

4 Comments

  • Posted 28/09/2018 21 h 09 min
    by TheBBoost

    Tu as tellement de courage d’avoir pris un CDI après 7 ans de freelancing ! Je suis à mon compte depuis 4 ans et je n’imagine pas un autre rythme de vie (d’ailleurs j’ai tenté le salariat l’hiver dernier, j’ai pas tenu plus de 4 mois)

    • Posted 01/10/2018 17 h 56 min
      by Julia

      Avant j’entendais l’inverse justement ! « Comment tu fais pour ne jamais savoir où tu seras le lendemain? »
      J’ai adoré ce rythme et je dois avouer que les débuts en CDI ont été très dur pour moi ! Demander l’autorisation de partir en vacances, je ne connaissais pas ahaha. Au fond de moi j’espère que ma marque de bijoux décollera pour m’envoler !

  • Posted 01/10/2018 15 h 21 min
    by Telmaa

    Ton parcours est vraiment inspirant ! C’est sûr que faire plusieurs petits CDD partout n’est pas évident, mais tu as dû acquérir une facilité d’adaptation hors norme !
    Je suis Rédactrice Graphique également. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs CDD en presse jeunesse. Maintenant je suis en cdi pour un titre sénior. Mais je souhaiterais par la suite me lancer dans la presse féminine, tout comme toi.

    En attendant, pendant ces 7 années tu as certainement eu l’occasion de te faire un book en béton 🙂

    • Posted 01/10/2018 17 h 58 min
      by Julia

      Oui ça a été hyper formateur ! Je m’en suis rendue plus tard bien sûr mais avec du recul je pense que ça a été une chance. Et j’ai appris à ne pas avoir peur d’être quelques semaines au chômage, d’en profiter même.

      Il faut rester à l’affût, cela bouger beaucoup dans la presse, une place peut se libérer très vite. Tu travailles dans quel groupe ?

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